Parfois ce sont les mots en soi qui me touchent, des livres tels que ceux de Virginia Woolf, Proust, Margaret Atwood ou bien Kazuo Ishiguro pour n'en citer que quelques uns.
Récemment j'ai été très marquée par "Les chaussures italiennes" de Henning Mankell. La voix du narrateur, plutôt dérangeante et maladroite au premier abord, m'a finalement agrippée et je n'ai plus pu m'arrêter. Des événements assez extraordinaires bouleversent la vie d'un vieil homme qui avait renoncé à tout et cédé à un pessimisme morose. Des personnages humains, bourrés de défauts mais attachants. Et tout cela dans un cadre presque surréel, la Suède, sa neige et ses forêts.
J'aime me sentir entraînée, noyée et submergée sous la voix lancinante d'un narrateur sur-présent et pesant à la fois. "Le Black Note" de Tanguy Viel m'a fait cet effet également. Impossible de reposer le livre, la voix du narrateur me transperce et n'a de cesse de m'emporter avec lui pour raconter son histoire jusqu'au bout. Les mots tourbillonnent, me font vaciller et m'entraîne jusque dans les tréfonds de l'âme humaine, jusqu'à la mort d'un des personnages que l'on ne cesse de revivre, pressentant le pire sans encore pouvoir l'imaginer.
D'autres fois ce sont les histoires que m'attirent, des mondes nouveaux, des univers parallèles où tout est possible, où les règles qui gouvernent notre monde ne sont plus applicables. Dans ce cas, je prête peu d'attention aux mots en soi, j'accélère les pa(ge)s, saute des phrases jusqu'à tout savoir, tout avoir dévoré dans un accès de boulimie intense.
Avec les films c'est encore différent, il y a certains films où j'aimerais vivre, où je souhaite que l'histoire ne s'arrête jamais, où en fait le film continue de vivre dans ma tête. Entre autres, c'est le cas avec les films de superhéros...






