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Lecture, écriture et traductions... des é-mot-ions, des sens-ations... un grand appétit de découvrir et de créer sans cesse de nouveaux mots.

dimanche 19 juillet 2009

Brand-New-Life ou Rien de mieux que les voyages en train pour l'écriture

Le 09/05/2007, j'écris dans un cahier "J'éprouve clairement le besoin d'écrire. J'aimerais me préoccuper des problèmes de l'humanité, mais c'est un problème plus personnel qui me tracasse. Que faire? Attendre? Quelle décision prendre? Je me sens replonger en arrière, vers la fin du collège et le début du lycée. Pourtant c'est bien loin cette époque...
[...]
Mais à quoi bon écrire sans destinataire...?"

Le 18/07/2009, je relis ces mots et l'intérêt d'écrire sans destinataire m'apparaît soudain bien plus clairement qu'il y a deux ans: je suis devenue mon propre destinataire au fil du temps. Je relis ces quelques phrases griffonnées à la va-vite dans un moment de tristesse et je comprend que tout est écrit et à la fois tout reste à écrire, encore et encore. Mes envies littéraires ne sont pas si vaines, peu importe qui me lit et si je suis lue après tout. Je suis assise là, sur les marches de la cathédrale de Cologne, et je me sens pleine, heureuse et rassasiée. Tout ici prend forme d'accomplissement, il n'y a rien à regretter. Partir ce n'est pas mourir un peu, c'est revivre beaucoup et à chaque fois encore et encore.

Peut-être que quelqu'un m'attend quelque part, mais moi aussi j'attendrai et cela à l'infini. L'âme-sœur? Un mythe. Seule la vie m'importe. Rien n'est une question de bon ou de mauvais moment, seulement de délai, je le comprend de façon aveuglante en me relisant à 2 ans d'intervalle. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise décision, seule la vie qui nous porte et qui décide. Laisser quelque chose derrière soi, c'est une façon de toujours avoir envie de revenir.

Döblin, Irving, Brussig, je me sens portée par ces noms qui nous ont précédé, qui nous montrent que tout est possible. On souhaiterait, non pas être soi-même éternel (quoiqu'il semble que dans l'écriture, cela soit rendu possible. Mais la fragilité du support restera à jamais un risque et une mort déjà annoncée), mais que les autres le soient, les sentiments, les sensations.

Une nouvelle vie commence chaque jour, quoique l'on fasse.

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