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Lecture, écriture et traductions... des é-mot-ions, des sens-ations... un grand appétit de découvrir et de créer sans cesse de nouveaux mots.

dimanche 15 janvier 2012

L'eau qui coule sous nos ponts

La vie est faite d'étapes, de changements qu'il nous faut accepter, parce que au fond quel est le choix que nous avons? Il n'est pas donné à tous de s'enfuir du jour au lendemain et de repartir à zéro. la plupart d'entre nous subissent le quotidien, avec ou sans peine.

Depuis octobre, j'essaye de m'habituer au changement, au passage de la vie d'étudiante à la vie "professionnelle". Les premiers jours ont été surprenants, pas forcément faciles car cet emploi est clairement loin de ce que je m'étais imaginé faire après mes études.

Cependant, les aspects positifs m'ont permis de tenir le coup de la première semaine et maintenant j'ai plaisir à me lever le matin et à aller au travail. Je considère cet emploi comme ma chance de travailler dans un environnement anglais, ma chance d'améliorer la langue, de me créer une première expérience professionnelle. Les avantages l'emportent sur les inconvénients car mes collègues sont des gens agréables qui, soit ne deviendront sûrement pas des vrais amis, mais qui m'acceptent comme je suis et ne me freinent pas dans mon développement personnel.

Depuis octobre, j'ai eu un problème concernant le temps. Auparavant, étant étudiante, j'avais une flexibilité assez importante, je pouvais décider de faire ce que je voulais à peu près quand je voulais puisque je n'avais que 12h de cours à l'université. Travailler à plein temps a changé cela de façon radicale. J'ai eu du mal à m'habituer à avoir seulement les week-ends pour moi. Au début j'étais tellement stressée que j'avais le sentiment de devoir faire des millions de choses le week-end pour être sûre d'en profiter, malheureusement la fatigue d'un nouvel environnement m'empêchait de faire vraiment quelque chose de productif.

Trop de peu de temps d'abord, puis ensuite je suis passée à de nouveaux horaires: 8h-16h30 et d'un coup je ne savais pas quoi faire de tout ce temps après le travail... Lorsque j'étais étudiante, la question ne se posait même pas: j'avais toujours quelque chose à préparer, à lire, à traduire ou à réviser. Seulement maintenant, lorsque je passe la porte du bureau, je suis libre comme l'air mais que faire?

Ce week-end est la premier week-end où je me sens vraiment bien. J'ai réalisé que le but n'est pas forcément de faire "plein" de choses mais de faire des choses qui me rendent heureuses, qui me détendent, de penser à moi et à mon bien-être.

Voilà donc ce que j'ai fait ce week-end:

Vendredi soir: grand ménage car comment se sentir bien dans un appartement en désordre?

Samedi: levée à 9h, fin du ménage, grand petit déjeuner avec café et œufs durs. Ensuite une belle balade en vélo au bord de l'eau, histoire de prendre l'air et de profiter de cette magnifique journée hivernale. De retour à la maison, je prépare du pain maison (presque!) et une soupe maison. J'écoute de la musique, me détend devant l'ordinateur, prépare le poulet rôti pour le dîner du soir. Le dîner est prêt et délicieux, un bon verre de vin rouge, tout cela dégusté devant un bon film policier allemand (Tatort).

Dimanche: grasse-matinée jusqu'à 11h, petit déjeuner au lit (le pain maison est vraiment bon!), puis un bon bain chaud moussant. Ensuite une grande balade à pied dont voici les photos:














 









Et voilà, après ce magnifique week-end, je suis prête à retourner travailler de bonne humeur demain! Il faut savoir se faire plaisir avec les petites choses de la vie.

Pour voir toutes les photos, cliquez sur l'album ci-dessous:

Water and Bridges_Newcastle_Quayside




dimanche 23 octobre 2011

Mondes parallèles

J'ai toujours aimé les livres, j'ai toujours aimé me plonger dans d'autres univers au travers de mots que d'autres ont créés.

Parfois ce sont les mots en soi qui me touchent, des livres tels que ceux de Virginia Woolf, Proust, Margaret Atwood ou bien Kazuo Ishiguro pour n'en citer que quelques uns.

Récemment j'ai été très marquée par "Les chaussures italiennes" de Henning Mankell. La voix du narrateur, plutôt dérangeante et maladroite au premier abord, m'a finalement agrippée et je n'ai plus pu m'arrêter. Des événements assez extraordinaires bouleversent la vie d'un vieil homme qui avait renoncé à tout et cédé à un pessimisme morose. Des personnages humains, bourrés de défauts mais attachants. Et tout cela dans un cadre presque surréel, la Suède, sa neige et ses forêts.

J'aime me sentir entraînée, noyée et submergée sous la voix lancinante d'un narrateur sur-présent et pesant à la fois. "Le Black Note" de Tanguy Viel m'a fait cet effet également. Impossible de reposer le livre, la voix du narrateur me transperce et n'a de cesse de m'emporter avec lui pour raconter son histoire jusqu'au bout. Les mots tourbillonnent, me font vaciller et m'entraîne jusque dans les tréfonds de l'âme humaine, jusqu'à la mort d'un des personnages que l'on ne cesse de revivre, pressentant le pire sans encore pouvoir l'imaginer.

D'autres fois ce sont les histoires que m'attirent, des mondes nouveaux, des univers parallèles où tout est possible, où les règles qui gouvernent notre monde ne sont plus applicables. Dans ce cas, je prête peu d'attention aux mots en soi, j'accélère les pa(ge)s, saute des phrases jusqu'à tout savoir, tout avoir dévoré dans un accès de boulimie intense.

Avec les films c'est encore différent, il y a certains films où j'aimerais vivre, où je souhaite que l'histoire ne s'arrête jamais, où en fait le film continue de vivre dans ma tête. Entre autres, c'est le cas avec les films de superhéros...

Green Lantern

C'est le dernier en date, hier soir... j'ai aimé le personnage principal si réel et l'aspect fantastique du film, les Green Lanterns chargés de protéger toutes les planètes de l'univers, choisis par un anneau vert pour accomplir cela. Le vert, couleur de la volonté qui pemet de surmonter ces peurs. J'aurais voulu être moi-même un élément de ce monde où les lois semblent être si faciles: les bons et les méchants se battent pour sauver le monde de sa fin imminente. Les films de superhéros sont basés sur des comics qui ne datent pas d'hier, cela m'impressionne que il y a si longtemps, sans effets spéciaux, les auteurs et dessinateurs aient pu rendre ces BD si vivantes et si réelles. C'est tout un monde qui s'ouvre à moi, je pourrais passer des heures à regarder des sites internet détaillant les relations entre Spiderman et Iceman, Batman, Catwoman, etc...J'ai aimé Superman en premier, puis les Fantastic Four, Daredevil, Hellboy, X-Men et ce sont des films dont je ne me lasse pas. Je pourrais les regarder encore et encore et rêver à ces mondes sombres, cruels parfois, où le héros renonce à tout pour accomplir sa tâche et nous donne à tous finalement une vraie leçon d'humanité.


It's a wonderful life

Fin août une porte s'est fermée qui ne s'ouvrira plus jamais: ma vie d'étudiante est terminée et cette époque et ne pourra jamais être ressuscitée. J'ai parfois attendu ce moment avec impatience, et souvent avec crainte. Plus jamais je ne serais amenée à réviser pour un exam, à stresser pour un oral et à préparer un exposé pour la semaine suivante. Bien sûr, d'autres tâches similaires vont se présenter dans le monde du travail, préparer un rapport, faire une présentation, etc. Mais l'enjeu sera différent et le train train quotidien de la vie professionnelle n'est pas comparable avec la vie d'étudiant. Cette vie que j'ai parfois trouvée pesante, pénible, trop théorique, mais aussi plein de défis, et étonnante car pleine de rencontres avec des gens passionnants et passionnés, de rencontres avec des textes et des nouvelles techniques de travail va vite être remplacée par tout autre chose. La nouveauté m'attire, je suis heureuse du changement et je dois dire que la transition s'est faite plutôt facilement, deux mois de vacances et jeudi prochain sera mon premier jour de travail.
Rentrer dans la vie professionnelle me donne un petit coup de vieux toutefois. Plus jamais la vie ne sera la même et bien que j'ai souvent changé d'endroit ces dernières années, le changement qui se produit en ce moment semble un bien plus grand tournant.
La vie avance avance avance sans s'arrêter, sans sembler se fatiguer de me porter et le monde tourne avec moi, petit grain de sable au bout milieu de l'Angleterre ou d'ailleurs. J'aime être part de ce tout et me sentir vivante, prendre des décisions pour mon futur et surtout surtout ne pas arrêter d'avancer, ne pas arrêter de penser et d'écrire, pour moi, pour vous. 


It's a wonderful life.

dimanche 3 juillet 2011

Sunny day

A droite, la SAGE, une immense salle de concert et à gauche le Pont Millenium





De gauche à droite: moi, Hayley, Aurélie.

jeudi 13 janvier 2011

Quelques clichés de cinq amies







En prenant ces photos, une peur m'a saisie. Celle de m'entendre dire en voix off, au début d'un film, "C'est à partir de là que tout a changé...rien n'a plus été comme avant".

Les photos permettent de fixer un instant qui n'est déjà plus. Une seconde, un flash, un sourire mais qu'il y a t-il derrière ces sourires, ces visages et ces yeux qui pétillent? Tout. L'amitié, celle qu'on a trouvé un jour sans le savoir, qui s'est formé et développé avec les années. Celle qu'on n'attendait pas, qu'on croyait trop improbable.

Trois clichés ne peuvent en aucun cas exprimer l'intensité du moment, les rires, les joies.

Et si tout ceci venait à disparaître? Et si quelque chose venait à nous séparer?

Nous nous connaissons depuis longtemps et la vérité c'est que nous avons déjà changé, que nous ne sommes plus les mêmes qu'à l'époque du lycée ou du collège.

Nous sommes parties de chez nous, avons vécu des voyages, des aventures et rencontres que personne ne peut vraiment imaginer. Peu importe photos, récits, visites... Nous suivons chacune notre chemin qui nous mène vers des horizons si différents.

Mais tout ceci n'est pas grave, car en vérité c'est l'ordre normal des choses et nous avons su garder cette amitié des dangers de la distance et de la différence.

Il n'y a rien de plus précieux qu'une telle amitié.











mardi 11 janvier 2011

Vivre

Les films d'horreur jouent avec nos peurs, peur des monstres, des aliens, zombies et autres créatures peu ragoûtantes... mais ces peurs ne sont-elles pas inventées de toutes pièces?

Nos vraies peurs semblent bien plus profondes, ancrées dans l'enfance, dans nos expériences pré-natales, paraît-il même. Les psys sont sûrement très forts pour expliquer nos réactions:
"Ah je vois...c'est évident...votre réaction dénote un psycho-traumatisme profondément enfoui dans votre sub-sub-sub-conscient..."

Seulement la question demeure, comment se débarrasser de nos peurs. Si incontrôlables qu'elles vous reviennent parfois en plein visage, tel un boomerang lancé le jour de votre naissance et vous offrant un beau petit lot d'heures à passer sur le divan d'un Lacanien bien décidé à vous extorquer vos derniers deniers.

Le cerveau, siège social de notre vie, est une machine effrayante. Si tout va bien, il semblerait que l'on tombe dans une sorte de coma, plus de peurs, ni d'angoisses. Mais parfois le retour à la réalité peut être douloureux. Le réveil au sortir d'un cauchemar.

Que faire? Rien, profiter des beaux moments et ne pas imaginer le pire...

...si seulement c'était possible...

jeudi 28 octobre 2010

Le grand écran c'est géant

Ce mois-ci je fête mon retour dans les salles obscures après une interruption de plus de 8 mois sans cinéma.

Où est passé le temps béni de l'abonnement cinéma? Ces années-là furent riches en films en tous genres, bons ou mauvais, quand tu ne "payes pas", forcément tu es moins regardant sur la qualité. L'idée, c'est surtout de vivre ce grand moment devant le grand écran, seul et à la fois accompagné de toute une tripotée de gens, qui comme toi, la bouche ouverte, s'émerveillent de cette merveilleuse technologie: le cinéma.

Certainement que la 3D et l'IMAX font se retourner les frères Lumière (de plaisir?) dans leur tombe, ceci dit, les prix d'une séance de cinéma ont plutôt de quoi se faire dresser les cheveux sur la tête.

Par ailleurs les allemands, qui pourtant ont la réputation de bien maîtriser l'anglais (mieux que les français paraît-il), n'ont pas encore atteint l'ère de la VO et bon, très franchement, moi, Brad Pitt qui parle en allemand, ça me casse un peu l'envie... Résultat des courses, en trois ans passés là-bas, je suis allée certainement moins de dix fois au cinéma.

Maintenant que je suis en Angleterre, pas de problème me direz-vous! Effectivement tout semble s'arranger à la fois, d'une part des prix plus qu'abordables et d'autre part que des films anglais ou américains en anglais bien sûr. C'est parfait, sauf que le premier film que je suis allée voir (Made in Dagenham) était pourvu d'acteurs ayant un très fort accent de la banlieue londonienne et que...je n'ai capté que la moitié des ondes envoyées... Mais au final c'est un bon exercice et vers la fin, j'ai commencé à reconnaître quelques mots (Victoire!!!).

Mais plus encore que le prix ou la VO, ce qui sincèrement me gênait le plus dans les cinémas allemands, c'était cette ambiance de consommation et ces immenses salles remplies de gens plus intéressés par leurs pop-corns que par le film. Le système de prix et de placement (impossible de choisir sa place) me tapait sur les nerfs à peine entrée dans la salle. Comment voulez vous savourez un bon film lorsque vous êtes 40 personnes sur 3 rangées, collées les uns aux autres et lorsque la moitié des personnes en question se baffre très bruyamment de chips...

Hier je suis allée voir "The Social Network", un film sur l'inventeur de Facebook, LE réseau social. Très intéressant et même émouvant. Le film en soi est une réussite mais plus que tout je suis ravie de reprendre le chemin des salles obscures. J'aime ce moment où le noir se fait, où tous retiennent leurs respiration dans l'attente de ce miracle du progrès, les bandes-annonces trépidantes, le générique de début du film, le suspense.

Tout ces éléments me font vibrer, seule ou accompagnée, j'ose le crier: J'AIME LE CINÉ!!!!

samedi 9 octobre 2010

Home

Etrange sensation.
A peine arrivée depuis un mois, je me sens déjà chez moi dans cette ville.

Les premiers jours dans l’appartement, il nous semblait être à l’hôtel. Tout était encore très impersonnel et inconnu.

Les premiers jours, j’ai récolté des bleus un peu partout en me cognant contre toutes les portes, les coins de tables, les chaises…le temps de prendre mes marques...

Les premiers jours, il nous semblait impossible d’avoir eu tant de chance : appartement trouvé dès le deuxième jour, emménagement trois jours après notre arrivée, des propriétaires adorables, un quartier super joli avec un immense parc à quelques mètres, un café sous notre fenêtre, une salle de sport à 1 min chrono et le tout situé à seulement 20 min (à pied) de la fac.

Donc voilà, non seulement maintenant je marche pour aller à la fac et en ville, mais je vais aussi m’inscrire dans une salle de sport. Je serais bête de ne pas en profiter!

Les premiers jours à l’université se sont merveilleusement bien passés, pour la première fois il me semble que les cours ont été faits uniquement pour moi. Tout est passionnant et très orienté au monde professionnel.

Les premiers contacts avec les autres étudiants ? Facile ! Comme si nous nous connaissions depuis toujours, nous switchons du français à l’anglais de façon parfaitement naturelle. Les étudiants étrangers rencontrés dans les cours d'anglais sont tout aussi ouverts et souriants. Quel plaisir de rencontrer des gens si agréables!

Bientôt ces premiers jours appartiendront au passé et nous nous serons approprié la ville, ces cafés, ces parcs et ces habitants, comme si nous avions toujours vécu ici.

Bizarrement ce processus me semble bien plus rapide qu’a Osnabrueck ou qu’a Brême. Les gens semblent plus ouverts, plus heureux de rencontrer des nouvelles têtes. Je n’aurais jamais pensé dire cela de l’Angleterre, mais les gens sont tout simplement charmants, toujours très polis, souriants et semblent toujours prêts à rendre service.

Mon mémoire est presque terminé, un sacré soulagement comme vous pouvez l’imaginer.

En résumé, tout va bien, j’adore ma vie ici, tout me plait, tout semble si facile ! Espérons que ca le restera. Pour le moment, je vous laisse, je dois finir la traduction d’un texte dont le sujet est un système permettant de purifier l’eau utilisée dans les laboratoires.

Et oui bizarrement, cela aussi me plait !!!

lundi 27 septembre 2010

Un nouveau depart

Un nouveau départ, qui n’en rêverait pas ? Tout laisser derrière soi et recommencer a zéro, en espérant tout réussir encore mieux ?

Mon premier départ m’a conduit en Allemagne, un rêve que j’avais depuis longtemps et que j’ai réalisé pour le mieux, malgré des obstacles à surmonter et des moments douloureux. Mais ces trois années passées là-bas ont été pleines de bonheur, de rencontres et de merveilleux moments.

Me voila de l’autre côté de la Manche pour un an au moins, étudiante de nouveau mais cette fois dans le domaine qui me plait le plus : la traduction. Cette fois-ci je ne suis pas partie seule, mais la langue m’est moins familière et ces derniers jours je réalise que ce défi sera bien plus difficile. Il va me falloir du temps avant de comprendre tout ce qu’on me dit et avant de pouvoir exprimer tout ce qui passe par ma petite tête. Qu’il en soit ainsi, ce défi je le relève et j’espère d’ici peu pouvoir parler aussi bien anglais qu’allemand !

Tout est nouveau et bien fatigant, mais je suis heureuse de découvrir une nouvelle ville, d’aller à la fac et de rencontrer plein de gens de tous les coins du globe.

Ainsi je reprends l’écriture de ce blog que j’avais abandonné, faute de temps et d’anecdotes rigolotes. ..

Vous me manquez tous!

A bientôt !!!

mercredi 24 février 2010

Des nouvelles fraîches

"Frais" c'est le mot pour décrire la température actuelle, je dirais même sans exagération aucune qu'il fait un froid de canard! La neige qui a enfin fondu dimanche, nous a rappellé qu'elle était là depuis le Nouvel An. En effet sous la neige, se trouvait encore tous les déchets de pétards et autres feux d'artifices particulièrement appréciés en Allemagne lors de la "glissade" dans la nouvelle année...
Dimanche fût une magnifique journée, laissant espérer l'arrivée proche du printemps: les oiseaux qui pépient, le soleil qui brille et réchauffe et surtout cette atmosphère enjouée, présage de bonnes nouvelles.
Malheureusement le plaisir et l'espoir furent de courte durée puisque dimanche soir la pluie fit son entrée. Et ce matin en ouvrant les yeux, quel surprise! Les rues sont de nouveau enneigées...
Mais pas de regrets à avoir: je passe de toutes façons mes journées au bureau de traduction et quand je rentre je suis trop épuisée pour entreprendre quoi que ce soit.
Je rêve de vacances au soleil, mais les vacances tout comme le soleil se font attendre...Mon programme pour les mois prochains est chargé:
- 4 mars: dernier examen oral du semestre
- 17 mars: Berlin
- 18 mars: la France pour 4 jours
- le 24 mars: la Pologne pour une semaine.
- 5 avril: reprise de l'école.
- écriture de mon mémoire de master (durée environ 5 mois)

Et ensuite me direz-vous? Et bien pour la suite, suspense...mes projets sont encore vagues, mais me mèneront, je l'espère, vers de nouveaux horizons...germaniques ou autres...

jeudi 11 février 2010

"La meilleure façon de penser est d'écrire"

Pascal Quignard, Vie secrète

mercredi 30 décembre 2009

La subversion des images, ou le surréalisme en mots

Man Ray, Le violon d'Ingres (1924)

"Le métier de poète, métier qui ne s'apprend pas, consiste à placer les objets du monde visible, devenus invisibles par la gomme de l'habitude, dans une position insolite qui frappe le regard de l'âme et leur donne de la tragédie. Il s'agira donc de compromettre la réalité, de la prendre en défaut, de l'inonder de lumière à l'improviste et de l'obliger à dire ce qu'elle cache"
Jean Cocteau

"Or le surréalisme de mes images ne fut autre que le réel rendu fantastique par la vision. Je ne cherchais qu'à exprimer la réalité, car rien n'est plus surréel."
Brassaï

"Parmi les forces naturelles, il en est une, de laquelle le pouvoir reconnu de tout temps reste en tout temps mystérieux, et tout mêlé à l'homme: c'est la nuit. [...] Le sang de la nuit moderne est une lumière chantante."
Louis Aragon

"Seule compte la création, mais pas celle de l'individu, celle du hasard, du merveilleux hasard, qui transmet « le pouvoir hallucinatoire des images» ."
Artür Harfaux

"La rue, que je croyais capable de livrer à ma vie ses surprenants détours, la rue avec des inquiétudes et ses regards, était mon véritable élément: j'y prenais comme nulle part ailleurs le vent de l'éventuel."
André Breton

"La particularité de la photographie, à l'origine créée pour l'enregistrement exact de la réalité immédiate, est de pouvoir se transformer en instrument du fantastique, du rêve, du surréel et de l'imaginaire."
László Moholy-Nagy

Les mots dits...

Dits ou écrits, lus ou entendus

Ils sont attendus, craints, espérés

Ils apportent bonnes ou mauvaises nouvelles, peuvent être joyeux, tristes ou simplement neutres

Chantés, criés, murmurés

Créant de nouveaux mondes ou les détruisant

Manipulateurs et séduisants

Parfois handicapés, balbutiants et titubants sous le poids de nos pensées

Inadaptés au monde qui nous entoure, à la beauté d'un sourire, à l'émotion d'une présence

Ils sont partout autour de nous...

Dans des boîtes à souvenirs je les conserve, les relis parfois: lettres, post-its, cartes, poèmes, journaux intimes et tant d'autres... Des centaines de milliers de mots qui m'ont été destinés, tout autant que j'en ai écrit et qui par la force de l'écriture survivront au temps et aux pertes.

Des mots puissants qui savent ressusciter le passé.

Témoins muets d'un autre moi.

Écrire est la seule façon de ne pas vieillir

La subversion des images

Erotique-voilée, Man Ray (1933-34)


Magique-circonstancielle, Man Ray


Explosante-fixe, Man Ray (1934)


"La beauté sera convulsive ou ne sera pas...La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas."

ANDRÉ BRETON

jeudi 12 novembre 2009

Espérance-Attente-Anticipation

Pandora

"Débats des bars, [...] débat du soir"
Pirate de St Victor

La boîte de Pandore...quelle histoire extraordinaire, quelle belle façon de justifier tous nos maux...

Quelqu'un m'a dit qu' aller à l'étranger, c'était ouvrir une telle boîte. Une fois qu'elle est ouverte, il n'y a plus moyen de la refermer ni de faire comme si rien de tout cela n'était arrivé. Il semblerait que le contenu de ce message soit par ailleurs plus général. Faire un choix, ouvrir une porte, tourner à droite, c'est se décider POUR quelque chose et par la même occasion CONTRE autre chose (cf. Solo Album, p. 47). Avoir les deux est impensable. Une fois la décision prise, il n'y a pas de retour sans blessures.

Cette phrase me touche particulièrement, me blesse presque, me rappelle que les regrets sont contre-productifs et simultanément je ne peux qu'accepter cette affirmation, la faire mienne.

Je réalise que ma philosophie de vie (si tant est que j'en ai une? Philosophie n'est pas le mot, disons plutôt "conception") est basée sur la spontanéité. J'ouvre la boîte et réfléchis ensuite si le jeu en valait la chandelle.

Les déceptions peuvent être cruelles.

Mais je n'imagine pas de vivre autrement, surprotégée dans un cocon de pierre et de métal. Il faut tout tenter (dans une certaine mesure) si l'on veut avoir une vue d'ensemble.

Et revenir au point de départ n'est pas un échec, tant qu'il n'est pas accompagné de regrets.

L'erreur est humaine, merci à Pandora de nous le rappeler...

(In)conscience pure


Le froid acéré du matin, la netteté des contours...a strawberry-vanilla sky.

Une belle journée s'annonce...

jeudi 5 novembre 2009

Some Might Say

Comment ne pas se sentir étrangement attiré par une vie telle que celle du anti-héros de Solo Album...une vie où le distributeur de billets est toujours très généreux, la musique coule à flots, et les seuls soucis du quotidien sont de savoir quels nouveaux vinyls on va s'acheter aujourd'hui. Pas de responsabilité, de contraintes, juste se laisser porter par le vent de la vie. Sans se soucier du lendemain. Une légère ressemblance avec les héros, tout aussi anti-, de Murakami, me le rend très sympathique ce pauvre narrateur sans nom. Sauf que lui il n'est pas sur la piste d'une histoire fabuleuse, mais à la recherche d'une solution pour reconquérir son ex-copine qui, soit dit en passant, l'a quitté par fax...
Depuis il ne vit plus, il survit. À haute dose de télévision, vinyls d'Oasis et soirées vacillantes où même la coke et l'alcool ne lui sont d'aucun secours pour sortir de son marasme (Note: Ce n'est pas cet aspect là que je trouve "attirant", je vous rassure tout de suite!). Les jours défilent et il se contente, passif, d'observer les autres, ceux qui sortent le dimanche, qui semblent avoir toujours un but invisible et qui font des choses "sensées", telles que acheter des tupperwares ou bien sortir les poubelles. . .
Il fait des listes, des classement, catégorise, analyse, pour toujours en revenir au même point: c'était tellement mieux avant...

Un petit extrait pour vous:
"J'aimerais faire des choses utiles. Du moins considérées comme telles: ranger, m'occuper de la paperasse qui traîne (ou au moins commencer à le faire), lire un, voire même deux livres, rencontrer des gens intelligents, faire la vaisselle, passer l'aspirateur, faire du sport, faire du sport avec une femme, aérer, jeter les poubelles (verre et papier). Mais aujourd'hui, non ce n'est pas le bon jour, tout comme hier d'ailleurs, quant à demain, je n'ose même pas y penser. [...]
C'est au moment de la puberté qu'on se laisse envahir pour la première fois par cette pensée: ces mouvements de va-et-vient perpétuels tels que s'habiller-se déshabiller, gagner-perdre, salir-nettoyer, tomber amoureux-cesser de l'être, acheter-vendre ne peuvent que vous rendre fou. Et pathétiquement on continue de se demander: dans quel BUT?" (Solo Album, Benjamin von Stuckrad-Barre. Köln 1999.)

mercredi 4 novembre 2009

Melting Pot

J'aimerais vous raconter tant de choses, mais je réalise que ce blog est tout aussi frustrant que mes visites d'une semaine tous les trois mois...il m'est impossible de tout vous communiquer:

La beauté de Brême et la vue de ma terrasse en automne, les nombreux projets qui s'amoncellent dans ma tête, le soulagement d'en avoir fini avec les trois devoirs de cet été (deux bonnes notes pour le moment), mon voyage à Edinburgh et Newcastle (terminé par une gastro), les nouveaux assistants, les derniers livres que j'ai lus et mon envie de refaire du latin, mon prochain week end à Berlin (DELPHINE!!!), mes multiples heures de soutien à droite à gauche et le gros inconvénient posé par le fait que je n'aurais pas d'agenda avant janvier...plus le stress de Noel bien sûr et des exposés, des amitiés et des rencontres qui vont et viennent sans prendre de forme définitive...les nuages vus de l'avion, ressemblant étrangement à un immense jardin zen, patiemment mis en place par un moine céleste aux pouvoirs sans limites...la grande question de savoir ce que je vais bien pouvoir faire après ce merveilleux master de GERMANISTIK...le froid régnant actuellement sur l'ensemble de la ville...

D'une certaine façon, je revis en ce moment, tout n'est pas au beau fixe (surtout pas la température extérieure ET intérieure), mais il me semble que je commence à aimer cette ville, à la connaître, à sentir ses mouvements et changements d'humeur, souvent en adéquation avec les miens. Je vis un grand projet d'écriture (inspiré par La fille sans qualités, L'ultime question ainsi que L'aigle et l'ange, tous trois de Juli Zeh) qui ne verra sûrement pas le jour avant bien longtemps, mais l'idée seule me plaît et je joue avec, me laissant emporter par des fantaisies théâtrales et filmiques.

La vie suit son cours et malgré le poids de certaines pensées, elle me plaît toujours autant cette vie que je me suis construite.

jeudi 22 octobre 2009

Parfois la vie trace son chemin de façon inattendue et ce qu'on voudrait le plus se transforme en ce qu'on voudrait le moins.

mardi 29 septembre 2009

C'est l'histoire de...

C'est l'histoire de vous et moi. Si l'on considère le nombre de fois où le mot "pareil" apparaît dans une conversation, il semblerait que chacun d'entre nous fasse les mêmes expériences et vive les mêmes moments. Ou bien y a t-il juste des "passages obligés"? Ou bien la vie est-elle simplement un cercle, au cours duquel tout se répète?

En fait c'est l'histoire de l'humanité. Un monde qui tourne ainsi depuis la nuit des temps et qui se réitère encore et encore.

En fait c'est l'histoire d'une rupture.
Inattendue. Arbitraire. Soudaine. Comme tant d'autres.
Du jour au lendemain un mur s'érige, une distance infranchissable s'installe, le dialogue est rompu de part et d'autre. Là où auparavant un pas suffisait à établir le contact semblent aujourd'hui des centaines de kilomètres confirmer cette cassure.
La frontière est bien gardée, impossible d'accéder à l'autre, à sa vie, à ses pensées. L'accepter est cruel, c'est pourtant bien réel.

Et ce qui semblait un jour sans lendemain ne l'est pas, la vie continue, amputée de sa moitié crue éternelle. Des années durant sera portée la marque de cette cicatrice.
Les souvenirs s'effacent, les contours s'estompent. Le quotidien reprend sa place malgré une douleur diffuse, légère obsession d'un passé dépassé. Un trait est tiré et chacun de son côté continue d'avancer.
Jour pour jour, année pour année. Parallélité inavouée.

C'est de façon tout aussi arbitraire qu'aura lieu la réconciliation. L'un prend la décision et ainsi a lieu la ré-union.

Une séparation absurde. La cruauté d'une expérience démesurée.

Le problème? Chacun a vécu sa vie de son côté du filet. Il n'y a plus rien à relier, tout à négocier. Deux mentalités s'affrontent, se jugent, s'évertuent à se comprendre, à recommencer. Mais il y a trop de blessures à réparer.

Cette histoire c'est la nôtre, c'est la vôtre. Celle d'un couple, d'une amitié, d'une famille.

Mais c'est surtout l'histoire d'un pays. Celui dans lequel je vis.

L'Allemagne a été séparée en deux parties du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, séparant par là des familles entières. Aujourd'hui encore les mésententes, préjugés et différences entre l'Est et l'Ouest font partie du quotidien.